Catégorie : Médiation

 

Première intervention en maison de retraite

Cette semaine, nous avions une intervention de prévue en maison de retraite. Un après midi vraiment agréable. Nous avions des doute quant au maintien de cette intervention en raison de la météo : la veille il grêlait, et le lendemain il a plu avec un vent important. Mais le jour J c’est un magnifique soleil qui a chassé les nuages. Titeuf a même commencé à transpirer à rester au soleil !

Pour cette grande première, je me demandais comment Titeuf allait réagir en débarquant du van en pleine rue … Quand nous sommes intervenus à l’école, je rentrais directement avec le van sur le terrain pour les activités. Cette fois ci, j’étais bonne pour 1. réussir à me garer par je ne sais quel miracle (un créneau avec un van derrière quand on a déjà du mal à manoeuvrer c’est franchement galère), 2. débarquer le poney en toute sécurité dans la rue, 3. passer sur le trottoir et entrer par le petit portail dans les jardins de la maison de retraite (on a croisé une dame avec 4 chiens en laisse : ils sont devenus fous en voyant le poney qui ne les a même pas regardés).

Une fois à l’intérieur, c’était du connu pour Titeuf : marcher en main, brouter de l’herbe, se laisser caresser, manger des pommes et des carottes, vider le sac de foin, et bien évidemment la bêtise du jour : renverser le seau d’eau, ce qui a amusé tout le monde. Pour son plus grand bonheur, il a même eu des carottes du potager de la maison de retraite cueillies en direct !

Tout au long de l’après midi, Titeuf a très bien réagi, il n’a pas eu peur des fauteuils roulants, déambulateurs, enfants qui couraient autour (et oui, on peut croiser des enfants en maison de retraite, Titeuf les a même accueillis en hennissant !). Il a même fait une séance de sieste au soleil en se faisant brosser alors que nous échangions avec les résidents sur son âge, logement, alimentation, etc.

Pour repartir, j’appréhendais un peu qu’il refuse de monter dans le van – toujours en pleine rue – et j’avais raison : il s’est arrêté devant le pont, sauf que il était compliqué de revenir en arrière avec les voitures pour « reprendre de l’élan ». Après une ou deux minutes interminables, il a fini par monter. Ouf !! J’étais trop contente de remonter le pont sur lui et de pouvoir dire que tout c’était bien passé !

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Retour d’expérience sur des séances réalisées avec des enfants autistes

J’ai eu l’occasion de travailler sur plusieurs séances avec 2 enfants autistes de 8 ans. Ces séances ont été pour moi extrêmement frustrantes en raison du manque de liberté quant à leur déroulement mais m’ont permis de mettre en évidence tout ce qu’il ne faut pas faire avec ce type de public. 

Lorsque j’ai observé ce cours dispensé par une autre personne, j’ai tout de suite réalisé le problème : une élève monitrice absolument pas formée ni sensibilisée au travail avec des personnes en situation de handicap, qui se retrouvait dans un manège avec un cours de chevaux à côté, et en guise de séparation une rangée de plots (je ne vais pas débattre aujourd’hui de ce point…). La pauvre monitrice essayait tant bien que mal de dérouler un cours normalement avec des demandes beaucoup trop complexes. Elle leur faisait enchainer un parcours (slalom, tasses, portes) et n’arrêtait pas d’aller de l’un à l’autre : le premier descendait de son poney ou s’asseyait à l’envers pendant que le deuxième enlevait sa bombe tout en chantant… J’étais désolée pour elle et pour ces 2 enfants qui passaient tous 3 un moment finalement désagréable. 

Lorsque l’on m’a présenté ce cours, on m’a expliqué que ces 2 enfants devaient monter pendant une heure. J’ai tout de suite fait la remarque que ça me paraissait très long, mais il était hors de questions qu’ils ne montent qu’une demi heure : ils devaient en avoir pour leur argent. Au fil des séances, les parents arrivaient volontairement en retard car pour eux la durée n’était pas adaptée. Pour palier à ce retard récurrent et s’assurer que leur séance « montée » serait optimisée, le responsable demandait à ce que les poneys soient prêts à leur arrivée. Ainsi, les enfants perdaient tout le bénéfice du contact avec l’animal en réalisant les pansages, en allant les chercher au pré, etc. Les quelques fois où ils sont arrivés à l’heure, il fallait les occuper pendant une heure entière sur le poney, ce qui est totalement contre-productif en raison de leur impossibilité à se concentrer sur de telles durées. 

Ce type de pathologies nécessite clairement une prise en charge individuelle. Tout est possible me dira-t-on, néanmoins être seul avec 2 enfants montés sur des poneys et lâchés dans un manège n’a un intérêt que très limité et n’est pas sans danger. Les difficultés pour ces enfants sont nombreuses (compréhension et respect des consignes, concentration, motricité) et nécessite une prise en charge totalement individualisée et adaptée tant sur le contenu, la forme et la durée. Il est important d’axer le travail autour de la relation avec l’animal et non sur la progression équestre.  

Si des moniteurs d’équitation lisent ces lignes, sachez que je ne souhaite pas porter de jugement mais s’il vous plaît, ceux qui n’ont pas l’habitude de travailler avec des personnes en situation de handicap, documentez-vous un peu avant de prendre en charge ces publics !

Ma structure peut-elle recevoir Titeuf ?

Il est possible d’intervenir à peu près partout quel que soit le type de séance à condition que nous ayons  :

  • Un espace sans passage et au calme (cour de récréation, terrain de sport)
  • un espace avec ou sans herbe. J’adapte les séances au type de terrain.
  • Un accès à l’eau pour remplir le seau.
  • la possibilité de garer les véhicules (voiture et remorque) pour la durée de l’intervention dans l’établissement voire dans la rue.
  • Pas d’escaliers à franchir (pas plus de 2 marches)

 

Dans tous les cas, pour une première intervention, je devrais faire une visite préalable afin de valider la faisabilité.

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